TOP 5 PEA : Juillet 2026 : Mes Meilleures Convictions Européennes
La sélection Quality Contrarian de Bourse 123
Avant de plonger dans ce classement, un mot sur la philosophie qui le sous-tend.
Ma stratégie Quality Contrarian ne consiste pas à acheter n’importe quel titre massacré en espérant un rebond mécanique.
C’est tout l’inverse d’un pari spéculatif. Il s’agit d’identifier des entreprises d’une qualité opérationnelle exceptionnelle moats larges, cash-flows récurrents, management aligné qui traversent une phase de pessimisme excessif du marché.
Le genre de moment où tout le monde regarde ailleurs, où la presse financière titre sur la catastrophe, et où les multiples de valorisation se compriment bien au-delà de ce que les fondamentaux justifient.
Ce n’est pas une approche faite pour tout le monde. Elle exige de la patience, une tolérance élevée à la volatilité, et surtout la capacité de distinguer un problème temporaire d’une détérioration structurelle.
C’est inconfortable par nature. Mais historiquement, c’est dans ces zones d’inconfort que se nichent les rendements asymétriques les plus intéressants.
Ce mois-ci, cinq valeurs européennes éligibles au PEA retiennent mon attention. Cinq pays, cinq angles, cinq degrés de conviction.
N°1 : Prosus (PRX)
Le coffre-fort à 35 % de décote que le marché refuse d’ouvrir.
L’histoire
En 2001, un obscur conglomérat média sud-africain nommé Naspers fondé en 1915 comme éditeur de journaux en afrikaans a signé un chèque de 32 millions de dollars pour acquérir 46,5 % d’une jeune startup chinoise dont personne en Occident ne connaissait le nom : Tencent.
Vingt-cinq ans plus tard, cette participation vaut environ 135 milliards de dollars.
C’est un rendement de plus de 4 000x. Probablement le meilleur investissement de l’histoire de la finance. Pas un hedge fund, pas un fonds souverain : un éditeur de journaux en afrikaans.
L’homme derrière ce coup de génie ? Koos Bekker, qui avait étudié les médias aux États-Unis et compris le potentiel du numérique en Asie. Le monde entier avait passé son tour. Bekker, lui, avait vu ce que personne d’autre n’avait vu.
En septembre 2019, Naspers a créé Prosus en y logeant sa participation dans Tencent et son portefeuille e-commerce international, puis l’a cotée sur Euronext Amsterdam. Objectif : offrir aux investisseurs internationaux un accès simplifié à ces actifs, et réduire la décote structurelle qui pesait sur Naspers à Johannesburg.
L’actualité et les faits marquants
Aujourd’hui, Prosus c’est : ~95 milliards EUR de capitalisation, une NAV de 171,6 milliards USD, et donc une décote d’environ 35 %. Dit autrement : en achetant une action Prosus, vous obtenez 1 euro d’actifs pour environ 65 centimes.
Prosus FY2026 : 1,3 milliard d’EBITDA, une décote de 37%… et un piège à éviter ?
Prosus vient de publier ses résultats annuels FY2026 (exercice clos au 31 mars 2026). Les chiffres sont séduisants : croissance, profitabilité en hausse, free cash-flow record hors Tencent.
La participation dans Tencent (22,8 % du capital, ~134,7 milliards USD) représente à elle seule 76 % de la valeur brute des actifs. Quand Tencent monte de 1 %, la NAV de Prosus augmente d’environ 1,35 milliard USD.
Mais Prosus, ce n’est pas que Tencent. C’est aussi :
iFood au Brésil : leader absolu de la livraison de repas, 1,3 milliard USD de revenus, marge de 17 % en croissance fulgurante, 70 millions de clients, et un cœur de métier restaurant qui affiche déjà 28 % de marge.
OLX global classifieds : 788 millions USD de revenus, 35 % de marge, en croissance organique de 18 %.
Just Eat Takeaway, acquise pour 4,1 milliards EUR et délistée en novembre 2025 le pari de Bloisi sur la consolidation du food delivery européen.
Despegar, l’agence de voyage leader en Amérique latine, acquise en mai 2025 pour 1,7 milliard USD.
Le nouveau CEO est Fabricio Bloisi, fondateur de Movile et ancien patron d’iFood, nommé en juillet 2024. Son package est presque intégralement variable : 97 % en incentives long terme.
Et il dispose d’un bonus “moonshot” de 100 millions de dollars qui ne sera versé QUE si la capitalisation combinée double ET que le TSR dépasse la médiane d’un peer group incluant Alphabet, Amazon, Meta, Mercado Libre et Booking.
Lors de la conférence de résultats H2 FY2025 du 23 juin 2025, Bloisi a déclaré : « J’avais promis 400 millions, j’en ai livré 443. C’est un bon début. Mais à mon avis, ce sont encore de petits chiffres. Ils vont beaucoup croître. »
« 443 millions, c’est petit. Ça va devenir beaucoup plus gros parce que j’ai maintenant 30 000 personnes qui croient que nous allons faire beaucoup mieux l’année prochaine, et nous le ferons. »
Mes analyses vidéo complémentaires sur YouTube
L’angle smart
Ce que peu de monde mentionne : le programme de rachat d’actions massif lancé depuis juin 2022 a déjà retourné ~42 milliards USD aux actionnaires, racheté ~30 % du free float, et généré une accrétion de +18 % sur la NAV par action. En d’autres termes, chaque jour où la décote persiste, le buyback crée mécaniquement de la valeur pour les actionnaires restants. C’est une machine à réduire le nombre de parts sur un actif dont la valeur intrinsèque croît. La LTV est à seulement 3 % un niveau ultra-conservateur et le rating crédit est investment grade (BBB chez S&P, Baa2 chez Moody’s).
Le marché continue de traiter Prosus comme un simple véhicule passif sur Tencent. Mais sous Bloisi, l’écosystème food + travel + fintech + classifieds en Amérique latine prend forme. Et si iFood seul vaut 7,6 milliards USD (consensus de 12 analystes), l’ensemble du portefeuille hors-Tencent approche 42 milliards USD une valeur que le marché vous offre gratuitement au cours actuel.
Affaire en or ou piège à valeur ? Pour moi, la réponse est claire. Prosus est ma plus forte conviction à ce jour.
J’ai rédigé une analyse complète et entièrement gratuite de Prosus sur Bourse 123, à laquelle je vous invite à accéder ici :
J’ai également présenté les résultats de Prosus en détail. Tout est entièrement gratuit, accessible à tous, sans aucun mur de paiement.
Pour un avis en profondeur, je vous renvoie vers l’analyse fondamentale complète sur Bourse 123.
N°2 : Vitec Software Group
Le serial acquirer suédois à -57 % que le marché a jeté avec l’eau du bain IA.
L’histoire
1985, Umeå, Suède. Deux ingénieurs, Lars Stenlund et Olov Sandberg, créent un logiciel de gestion d’énergie pour les utilities nordiques. L’entreprise reste un éditeur classique pendant une douzaine d’années. Puis vient l’épiphanie : 70 à 80 % des défis opérationnels des entreprises de logiciels verticaux sont identiques. Seuls 20-30 % relèvent de la connaissance métier spécifique.
Vitec pouvait donc acquérir et opérer des éditeurs dans des niches très différentes. Le modèle du serial acquirer était né.
Aujourd’hui, Vitec c’est : 49 business units, 22 verticaux (énergie, immobilier, santé, finance, automobile, associations religieuses…), 13 pays, 26 500 clients B2B, 1 770 employés, et un chiffre d’affaires de 3 633 MSEK.
Le churn est inférieur à 1 % par an un niveau exceptionnel qui confirme le caractère mission-critical des logiciels.
Les revenus récurrents représentent 88 % du CA.
Comme l’a dit le CEO Olle Backman lors du earnings call : « We can count on these cash flows. We can make a fair assumption of the predictions. The risks or the fears that are out there, we can’t really see them yet. »
L’actualité et les faits marquants
L’action a perdu ~57 % par rapport à ses plus hauts. Le titre est passé de 590 SEK à environ 234 SEK. La panique sectorielle “SaaS + IA” a frappé de plein fouet : le marché craint que les agents IA (Claude Code, Cursor, etc.) ne rendent obsolètes les logiciels verticaux de niche. Forbes estime que les valeurs SaaS mondiales ont perdu plus de 1 000 milliards USD en 2025-2026.
Pourtant, les fondamentaux racontent une autre histoire. Le cash-flow opérationnel a progressé de +17 % pour atteindre 1 110 MSEK. Le FCF TTM dépasse 970 MSEK. La dilution s’est arrêtée net : pour la première fois en dix ans, le nombre d’actions est resté parfaitement stable. Et les 200 MSEK d’earnouts reversés sur 5 acquisitions prouvent que le modèle de pricing fonctionne : quand les vendeurs ne délivrent pas, Vitec ne paie pas.
Backman a été transparent : « I’m really pleased with the growth. But we have a tradition to grow our profits faster than our topline. And that has not been the case for 2025. So in terms of efficiency, there’s more to do for sure. »
Un CEO qui reconnaît publiquement qu’il n’a pas atteint son objectif c’est un bon signe de culture d’entreprise.
L’angle smart
À ~234 SEK, le marché valorise Vitec à ~9,5x le FCF son plus bas absolu, 75 % en dessous de sa médiane historique de 37,8x. C’est un multiple inférieur à celui de nombreuses utilities ou banques régionales, appliqué à un éditeur de logiciels verticaux à 88 % de revenus récurrents avec un churn quasi nul.
Ce que le marché ne price pas : les logiciels verticaux mission-critical sont précisément les derniers à être disruptés par l’IA généraliste.
Le logiciel de gestion de blanchisserie industrielle, de comptage d’énergie en immeuble, de gestion de pharmacie danoise aucun LLM ne remplace ça demain.
Comme l’a dit Backman : les clients veulent bénéficier de l’IA, mais « please don’t change anything » est souvent la phrase qui suit immédiatement leur enthousiasme.
Le fondateur Lars Stenlund reste au Conseil d’administration avec le contrôle des votes depuis 40 ans. Le management a refusé de surpayer les acquisitions en 2025, n’en faisant que 2 (contre 7 en 2024), parce que les prix étaient trop élevés. C’est exactement ce qu’on veut entendre d’un serial acquirer discipliné.
Backman : « We have looked at just as many companies (~300), but we have just lost more because we are still quite prudent when it comes to pricing. »
J’ai consacré à Vitec Software les analyses les plus complètes disponibles en français, toutes accessibles sur Bourse 123 :
👉 Vitec Software — L’Analyse Complète
👉 Vitec Software — Analyse VIT-B
👉 Vitec Software — Le Serial Acquirer
👉 Vitec Software à -62 % : Victime de l’IA ou Aubaine du Siècle ?
Pour un avis en profondeur, je vous renvoie vers les analyses fondamentales complètes sur Bourse 123.
N°3 : Novo Nordisk
Le roi déchu du GLP-1 à 10x les bénéfices quand le marché enterre une entreprise centenaire.
L’histoire
1922. August Krogh, prix Nobel de médecine, est en tournée aux États-Unis. Sa femme Marie, elle-même médecin et surtout diabétique le convainc de faire un détour par Toronto, où Banting et Best viennent d’isoler l’insuline. Krogh obtient la licence de fabrication pour les pays nordiques. Le 13 mars 1923, le premier patient danois est traité. Novo Nordisk est née d’un acte d’amour conjugal.
Un siècle plus tard, c’est le plus grand fabricant d’insuline et de traitements GLP-1 au monde. Ozempic, Wegovy, Rybelsus ces noms sont devenus des phénomènes culturels mondiaux. L’entreprise traite plus de 45 millions de patients à travers le monde, produit la moitié de l’insuline mondiale depuis son usine de Kalundborg, et génère des dizaines de milliards de DKK de profit chaque trimestre.
L’actualité et les faits marquants
Novo Nordisk a perdu plus de 300 milliards de dollars de capitalisation en 18 mois. Le titre est passé de DKK 1 050 au sommet de septembre 2024 à DKK 220 en mars 2026 une destruction de valeur de près de 80 %.
Eli Lilly a lancé Zepbound avec des résultats cliniques supérieurs (~22 % de perte de poids contre ~15 % pour le semaglutide).
Le CagriSema censé être la réponse a raté son primary endpoint. Le CEO historique est parti. L’accord MFN de l’administration Trump impose des prix réduits sur les GLP-1 aux États-Unis.
Puis le retournement. Le Wegovy pill, lancé le 5 janvier 2026, bat tous les records : plus de 2 millions de prescriptions en 16 semaines, plus de 1 million de patients traités. Wegovy HD (7,2 mg, 20,7 % de perte de poids) est approuvé. Le titre remonte à ~289 DKK.
Novo Nordisk (NVO) à 13× P/E : opportunité contrariante ou value trap ?
Novo Nordisk a perdu plus de $300 milliards de capitalisation boursière en 18 mois. C’est l’équivalent de la disparition pure et simple d’un AbbVie.
Le CFO lors de l’earnings call Q1 : « We believe that we are hypercompetitive in terms of unit cost in producing sema and hypercompetitive in terms of scale. »
L’angle smart
Ce que presque personne ne mentionne : Novo a construit un réseau de distribution direct-to-patient via des partenariats avec Hims & Hers, Ro, LifeMD, WeightWatchers, Sesame et sa propre NovoCare Pharmacy.
Le 31 mars 2026, l’entreprise a lancé le premier programme d’abonnement multi-mois pour un traitement anti-obésité approuvé par la FDA un modèle calqué sur le SaaS de la tech, appliqué pour la première fois à un médicament chronique. De $329/mois sur 3 mois à $249/mois sur 12 mois.
« Around 20% of the growth sales is coming from telehealth channels » dans les plus grands marchés hors US, a confirmé Emil Kongshøj Larsen.
Ce n’est pas la première fois que Novo rebondit.
En 2016-2017, le pricing war sur l’insuline avait déjà fait chuter le titre de 40 %. La réponse avait été le pivot vers Ozempic et Wegovy. Le titre avait ensuite multiplié par 8. La capacité de Novo à rebondir par l’innovation après les crises de pricing est un pattern historique documenté.
Au cours actuel, le titre se traite à environ 10-11x les bénéfices un PER qu’on n’avait pas vu depuis une décennie et offre un rendement du dividende de ~4 %, historiquement élevé pour Novo (typiquement 1,5-2 %).
J’ai rédigé une analyse complète et gratuite de Novo Nordisk sur Bourse 123
👉 Novo Nordisk — De la chute de 50 % à l’opportunité contrariante
Pour un avis en profondeur, je vous renvoie vers l’analyse fondamentale complète sur Bourse 123.








