Résultats 2026 : OEM, Röko, Cintas et Fastenal en tête
OEM International signe la publication la plus complète, Röko poursuit son expansion et Cintas comme Fastenal démontrent la puissance de leur croissance organique.
Entre le 3 et le 17 juillet 2026, quatre entreprises se sont particulièrement distinguées : OEM International, Röko, Cintas et Fastenal.
Leurs modèles ne sont pas identiques. OEM International et Röko s’appuient largement sur les acquisitions, tandis que Cintas et Fastenal progressent surtout grâce à leur croissance organique, à leurs gains de parts de marché et à leur efficacité opérationnelle.
Pourtant, leurs résultats répondent à la même question : la croissance du chiffre d’affaires se transforme-t-elle réellement en marges, en bénéfices et en trésorerie ?
Sur ce terrain, OEM International présente probablement la publication la plus équilibrée de la quinzaine. Röko impressionne par la vitesse de son expansion, Cintas conserve une régularité exceptionnelle et Fastenal accélère, même si cette croissance mobilise temporairement davantage de fonds de roulement.
OEM International signe la publication la plus complète
OEM International livre probablement la publication la plus équilibrée de la période.
Le chiffre d’affaires progresse de 17 %, à 1,559 milliard de couronnes suédoises. Cette croissance repose à la fois sur une hausse organique de 8 % et sur une contribution de 9 % des acquisitions. Le groupe ne dépend donc pas exclusivement de l’élargissement de son périmètre pour avancer.
Le signal le plus intéressant vient cependant des commandes. Elles augmentent de 23 %, à 1,681 milliard de couronnes, soit beaucoup plus rapidement que les ventes. Cet écart améliore la visibilité sur les prochains trimestres et suggère que l’accélération ne se limite pas à un effet ponctuel.
La progression du résultat est encore plus forte. L’EBITA bondit de 37 %, à 241 millions de couronnes, tandis que la marge atteint environ 15,5 %, contre près de 13,2 % un an auparavant. Le bénéfice par action gagne 31 %, à 1,26 couronne, et le cash-flow opérationnel atteint 206 millions, contre 163 millions
La qualité de cette publication vient précisément de cet alignement : croissance organique, acquisitions, commandes, expansion de la marge et génération de trésorerie avancent dans la même direction.
Pour un serial acquirer, il s’agit d’une configuration presque idéale. Les acquisitions contribuent à la croissance sans masquer la progression des activités historiques, tandis que l’augmentation des volumes se traduit par une amélioration de la rentabilité.
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Röko continue de déployer son modèle
Röko réalise également l’une des meilleures publications de la quinzaine.
Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre augmente de 31 %, à 2,045 milliards de couronnes suédoises. Cette progression provient principalement des acquisitions, la croissance organique restant limitée à 3 %.
L’EBITA ajusté progresse de 37 %, à 427 millions de couronnes, et la marge gagne environ un point pour atteindre près de 21 %. Sur l’ensemble du premier semestre, le cash-flow opérationnel après investissements augmente de 28 %, à 608 millions de couronnes.
Au deuxième trimestre, les ventes de Röko progressent de 31 % et l’EBITA ajusté de 37 %. La croissance organique ressort néanmoins à 3 %. Source : Röko.
La publication confirme la capacité de Röko à acquérir des PME de niche rentables sans sacrifier la génération de trésorerie. La conversion de trésorerie du premier semestre atteint 72 %, contre 67 % un an auparavant.
Le retour sur capitaux employés ressort à environ 14,5 %. Ce niveau doit être surveillé dans le temps, car la création de valeur d’un serial acquirer dépend moins de la croissance absolue de son EBITA que du rendement obtenu sur le capital mobilisé pour financer les acquisitions.
La conversion de trésorerie de Röko atteint 72 % au premier semestre 2026. Le retour sur capitaux employés ressort à 14,5 %. Source : Röko.
Un autre élément mérite l’attention : Röko affirme avoir acquis ses entreprises à un multiple moyen inférieur à huit fois l’EBITA depuis 2019. Cette discipline constitue un avantage important, à condition que la qualité des entreprises acquises et leur croissance future justifient les prix payés.
Röko indique avoir réalisé ses acquisitions à un multiple moyen inférieur à huit fois l’EBITA depuis 2019. Source : Röko.
Le principal point de vigilance demeure toutefois inchangé : la croissance organique reste nettement inférieure à la croissance publiée. Röko démontre pour l’instant sa capacité à acheter et à préserver les marges. Il doit encore prouver, sur une période plus longue, sa capacité à faire progresser organiquement l’ensemble du portefeuille.
Cintas conserve une régularité exceptionnelle
Cintas continue de présenter l’un des profils les plus réguliers de la sélection.
Au quatrième trimestre fiscal, le chiffre d’affaires progresse de 8,9 %, à 2,91 milliards de dollars, dont 8,4 % organiquement. Le résultat opérationnel augmente de 12,7 %, à 673 millions de dollars, et la marge passe de 22,4 % à 23,2 %.
Cette amélioration intervient malgré 14 millions de dollars de frais de transaction liés au projet d’acquisition d’UniFirst. Hors ces coûts, la progression sous-jacente de la rentabilité aurait été encore plus forte.
Le bénéfice net gagne 14 %, à 511 millions de dollars, tandis que le bénéfice dilué par action progresse de 15,6 %, à 1,26 dollar. Hors frais liés à UniFirst, le BPA ajusté atteint 1,29 dollar, soit une hausse de 18,3 %.
Sur l’ensemble de l’exercice, Cintas a généré 2,28 milliards de dollars de cash-flow opérationnel pour environ 395 millions de dépenses d’investissement. Le free cash-flow implicite atteint ainsi près de 1,88 milliard de dollars, contre environ 1,76 milliard lors de l’exercice précédent.
La marge brute annuelle de Cintas atteint un record de 50,7 %. Le free cash-flow ressort à 1,881 milliard de dollars sur l’exercice 2026. Source : Cintas.
La publication illustre parfaitement la mécanique d’un compounder de grande qualité : une croissance organique élevée, une expansion régulière de la marge et une progression du bénéfice par action supérieure à celle du chiffre d’affaires.
Pour l’exercice 2027, le groupe vise un chiffre d’affaires compris entre 12,10 et 12,25 milliards de dollars ainsi qu’un BPA ajusté compris entre 5,36 et 5,50 dollars, hors contribution éventuelle d’UniFirst.
Cintas vise pour l’exercice 2027 un chiffre d’affaires compris entre 12,10 et 12,25 milliards de dollars et un BPA ajusté compris entre 5,36 et 5,50 dollars. Source : Cintas.
La principale question n’est donc pas la qualité opérationnelle de Cintas, qui reste difficilement contestable, mais le niveau de valorisation auquel cette qualité est déjà intégrée par le marché.
Fastenal accélère, mais mobilise davantage de trésorerie
Fastenal signe également une performance de premier plan.
Le chiffre d’affaires atteint 2,387 milliards de dollars, en hausse de 14,7 %, porté par les grands comptes, les gains de parts de marché, les hausses de prix et une amélioration progressive de la demande industrielle.
Le résultat opérationnel progresse de 15,1 %, à 501,8 millions de dollars, pour une marge stable à 21 %. Le bénéfice net augmente de 15,9 %, à 382,8 millions, et le BPA dilué atteint 0,33 dollar, également en hausse de 15,9 %.
Le principal bémol vient du cash-flow opérationnel. Il ressort à 265,7 millions de dollars, soit seulement 69 % du bénéfice net, en raison de l’augmentation du besoin en fonds de roulement. Après environ 60,5 millions de dollars d’investissements nets, le free cash-flow implicite approche 205 millions.
Fastenal enregistre une hausse de 14,7 % de ses ventes et de 15,1 % de son résultat opérationnel. Le cash-flow opérationnel ne représente toutefois que 69 % du bénéfice net sur le trimestre. Source : Fastenal.
Cette faiblesse de conversion ne remet pas nécessairement en cause la qualité structurelle du modèle. Elle montre cependant que la croissance consomme temporairement davantage de stocks et de créances clients. La normalisation du besoin en fonds de roulement sera donc un élément important des prochaines publications.
Conclusion
OEM International prend la première place grâce à un alignement presque parfait entre ses principaux indicateurs : 17 % de croissance des ventes, 8 % de croissance organique, 23 % de hausse des commandes et 37 % de progression de l’EBITA. La croissance ne repose pas seulement sur les acquisitions et se traduit aussi dans les marges et le cash-flow.
Röko confirme la force de son modèle, mais ses 3 % de croissance organique restent modestes par rapport à la progression de 31 % du chiffre d’affaires. Le groupe démontre sa capacité à acheter des entreprises rentables et à préserver leurs marges. Il doit encore prouver qu’il peut faire croître organiquement l’ensemble de son portefeuille.
Cintas conserve probablement le meilleur profil économique de la sélection. La question principale n’est pas la qualité de l’entreprise, mais le prix que l’investisseur doit payer pour y accéder.
Fastenal complète ce groupe de tête avec une croissance des ventes de 14,7 % et une hausse du résultat opérationnel de 15,1 %. Le point à surveiller sera la conversion en trésorerie, limitée à 69 % du bénéfice net sur le trimestre.
Ces quatre publications rappellent une règle simple : la meilleure croissance n’est pas toujours la plus rapide, mais celle qui finit par se retrouver dans le bénéfice par action et le free cash-flow.












