Vitec, Addnode et Admicom : le logiciel vertical à l’épreuve
Vitec Software protège ses marges grâce à ses revenus récurrents, tandis qu’Addnode et Admicom montrent pourquoi la récurrence ne peut pas remplacer durablement la croissance.
Les revenus récurrents sont souvent présentés comme l’un des meilleurs remparts contre les ralentissements économiques. Ils apportent de la visibilité, renforcent la fidélité des clients et permettent généralement de conserver des marges élevées.
Mais la récurrence ne remplace pas la croissance.
Vitec Software, Addnode et Admicom illustrent trois situations très différentes.
Vitec Software continue de bénéficier de la solidité de son portefeuille de logiciels verticaux.
Addnode traverse une forte contraction, aggravée par une base de comparaison défavorable et des coûts de restructuration.
Admicom reste très rentable, mais la faiblesse de la construction finlandaise ralentit la progression de ses revenus récurrents.
Ces résultats permettent d’évaluer ce qui fait réellement la qualité d’un éditeur de logiciels vertical : la fidélisation des clients, le pricing, la croissance organique et la discipline appliquée aux acquisitions.
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Vitec Software préserve la puissance de son modèle récurrent
Vitec Software Group confirme la solidité économique de son portefeuille de logiciels verticaux.
Le chiffre d’affaires augmente de 15 %, à 935 millions de couronnes suédoises, dont environ 4 % organiquement. Les revenus récurrents progressent de 12 %, à 801 millions, et représentent approximativement 86 % du chiffre d’affaires.
L’EBITA augmente de 15 %, à 271 millions de couronnes, pour une marge stable de 29 %. Le BPA progresse de 13 %, à 2,98 couronnes, et le cash-flow opérationnel trimestriel atteint 92 millions, contre 85 millions un an auparavant.
Les revenus récurrents représentent environ 86 % du chiffre d’affaires de Vitec Software. La marge d’EBITA reste stable à 29 %. Source : Vitec Software.
Les effets de la modification de présentation de certaines activités transactionnelles doivent néanmoins être conservés à l’esprit.
La nouvelle méthode réduit optiquement les ventes consolidées d’environ 8 %, sur la base de l’exercice 2025, et augmente mécaniquement les marges d’environ deux points.
Cette modification n’a toutefois pas d’impact sur le bénéfice, le BPA ou le cash-flow. Elle ne change donc pas l’économie sous-jacente du modèle, mais elle complique les comparaisons historiques fondées uniquement sur le chiffre d’affaires et la marge.
Les acquisitions d’Autonet et d’Infometric ont été intégrées au premier semestre. Comme toujours chez Vitec, le point central reste la capacité à acheter des logiciels verticaux fortement intégrés aux processus de leurs clients, puis à conserver une croissance régulière des revenus récurrents.
Addnode subit la plus forte contraction comptable
Addnode Group présente la publication la plus difficile de la sélection.
Le chiffre d’affaires recule légèrement à 1,449 milliard de couronnes suédoises, contre 1,457 milliard un an auparavant. La croissance organique ressort à –11 %.
Cette comparaison est toutefois fortement déformée par des renouvellements anticipés de contrats Autodesk intervenus en 2025. Corrigée de cet effet, la baisse organique aurait été proche de –5 %.
L’EBITA tombe de 238 à 148 millions de couronnes, et la marge de 16,3 % à 10,2 %. Hors 28 millions de coûts de restructuration, l’EBITA aurait atteint 176 millions, soit une marge de 12,1 %.
L’EBITA d’Addnode recule de 38 % et la marge tombe à 10,2 %. Hors coûts de restructuration, elle aurait atteint 12,1 %. Source : Addnode.
Le bénéfice net recule à 20 millions de couronnes, contre 104 millions, et le BPA à 0,15 couronne, contre 0,78.
Le cash-flow opérationnel constitue le principal point positif. Il s’améliore à 62 millions de couronnes, contre une sortie de 33 millions un an auparavant.
Le programme de restructuration de Symetri doit générer environ 100 millions de couronnes d’économies annuelles. Il faudra toutefois distinguer les économies réellement obtenues d’un simple effet de réduction des coûts dans un environnement de demande plus faible.
La base de comparaison explique une partie importante du recul, mais elle ne doit pas masquer la réalité : même après ajustement, la croissance organique reste négative.
Admicom reste rentable, mais manque de croissance
Admicom conserve une excellente rentabilité, mais sa croissance ralentit.
L’ARR progresse de 4,1 %, pénalisé par les faillites de clients dans la construction et par un ajustement tarifaire annuel inférieur à celui de l’exercice précédent.
Au deuxième trimestre, l’EBITDA ajusté atteint 3 millions d’euros, contre 3,1 millions un an auparavant. La marge ressort à 31 %, contre 32 %. L’EBIT ajusté atteint environ 1,8 million d’euros.
L’ARR d’Admicom progresse de 4,1 % et la marge d’EBITDA ajusté ressort à 31 %. Source : Admicom.
Admicom maintient une guidance annuelle de marge d’EBITDA ajusté comprise entre 31 % et 36 %. Le modèle SaaS reste fortement rentable et récurrent, mais il lui manque pour l’instant un retour à une croissance organique plus soutenue.
La faiblesse du secteur finlandais de la construction demeure le principal facteur limitant. Une marge supérieure à 30 % offre une protection importante, mais une entreprise de logiciels ne peut pas composer durablement son résultat sans croissance de l’ARR.
Conclusion :
Vitec Software reste le modèle le plus solide des trois.
Les revenus récurrents représentent environ 86 % du chiffre d’affaires et la marge d’EBITA se maintient à 29 %. Sa croissance organique proche de 4 % reste néanmoins modeste pour une entreprise bénéficiant d’un modèle aussi qualitatif.
Addnode publie les résultats les plus difficiles. Les renouvellements anticipés de contrats Autodesk déforment la comparaison, mais ils n’expliquent pas tout. Même après ajustement, la croissance organique reste négative et la marge recule fortement. L’amélioration du cash-flow constitue un premier point positif, mais elle devra être accompagnée d’un retour de la croissance
Admicom conserve une marge d’EBITDA ajusté de 31 %, ce qui lui offre une protection importante. Toutefois, une progression de l’ARR limitée à 4,1 % ne peut pas être ignorée. Une entreprise de logiciels peut défendre ses marges pendant un temps, mais elle ne peut pas composer durablement son résultat si ses revenus récurrents stagnent.
La visibilité protège le modèle. La croissance, elle, détermine sa capacité à créer de la valeur dans la durée.







