Sciences de la vie : la reprise devient enfin visible
Thermo Fisher et Medpace accélèrent, Sartorius retrouve une croissance plus saine, tandis qu’Eurofins transforme enfin ses investissements en cash-flow
Après plusieurs trimestres marqués par le déstockage des clients, la prudence des biotechs et le ralentissement des investissements en laboratoire, les dernières publications montrent une amélioration plus nette du secteur des sciences de la vie.
La reprise n’est toutefois pas uniforme.
Thermo Fisher Scientific affiche une croissance organique de 5 % et une forte progression du cash-flow.
Medpace continue de gagner des parts de marché dans la recherche clinique.
Sartorius retrouve une croissance opérationnelle solide dans les consommables de bioproduction.
Danaher améliore ses résultats, mais reste pénalisé par le calendrier de certains projets.
Eurofins génère enfin les bénéfices de son long programme d’investissement.
Enfin, MedCap confirme la pertinence de son modèle décentralisé d’acquisitions dans les niches médicales.
Le principal changement est donc moins spectaculaire qu’il n’y paraît : la demande ne s’envole pas encore partout, mais les volumes, les commandes et les marges recommencent à évoluer dans la bonne direction.
Dans les sciences de la vie, le point bas semble désormais dépassé.
La question n’est plus de savoir si la reprise arrivera, mais à quelle vitesse elle se traduira dans les commandes, les marges et le free cash-flow.
Thermo Fisher Scientific : la publication la plus complète
La publication de Thermo Fisher Scientific est probablement la plus solide de cette sélection.
Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre progresse de 10 % à 11,99 milliards de dollars. Cette croissance comprend environ 5 points provenant des acquisitions, 1 point lié aux devises et surtout 5 % de croissance organique
Cette accélération est importante. Au premier trimestre, la croissance organique n’était encore que de 1 %.
Thermo Fisher ne dépend donc plus uniquement de ses acquisitions pour soutenir sa progression.
Le redressement s’observe également dans les marges. Le résultat opérationnel ajusté augmente de 15 % à 2,74 milliards de dollars, tandis que la marge opérationnelle ajustée passe de 21,9 à 22,8 %.
Le BPA ajusté atteint 6,03 dollars, en hausse de 13 %.
Le BPA publié progresse de 9 % à 4,68 dollars.
La qualité de la publication apparaît surtout dans la génération de trésorerie. Le cash-flow opérationnel trimestriel passe de 1,40 à 2,13 milliards de dollars. Après investissements, le free cash-flow atteint 1,68 milliard, contre 1,11 milliard un an auparavant.
Sur l’ensemble du premier semestre, le free cash-flow progresse de près de 69 %, passant de 1,48 à 2,50 milliards de dollars.
Cette hausse est particulièrement importante pour un groupe qui repose en partie sur les acquisitions. Une croissance du BPA soutenue par les ajustements comptables ou les rachats d’actions est moins convaincante qu’une croissance accompagnée d’une nette amélioration du cash-flow.
Thermo Fisher bénéficie aussi d’une bonne diversification
L’activité Life Sciences Solutions réalise 2,82 milliards de dollars de chiffre d’affaires, avec une marge de segment de 37 %. Les instruments analytiques affichent une progression particulièrement forte de leur résultat : la marge passe de 18,8 à 23 %.
Les activités Laboratory Products and Biopharma Services, qui comprennent notamment PPD et les services de développement pharmaceutique, génèrent 6,69 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Leur marge reste plus basse, à 14 %, mais s’améliore légèrement.
Le groupe continue également d’investir dans l’innovation.
Thermo Fisher a présenté une nouvelle génération de spectromètres de masse Orbitrap intégrant des outils d’analyse assistés par intelligence artificielle. Le groupe a par ailleurs ouvert un nouveau centre de conception dédié aux procédés de bioproduction dans le Massachusetts
L’allocation du capital reste active. Thermo Fisher a racheté 1 milliard de dollars de ses propres actions au cours du trimestre et annoncé la cession de son activité de microbiologie.
Le principal point de vigilance concerne le bilan.
La dette financière à long terme atteint environ 39,2 milliards de dollars, contre 35,9 milliards à la fin de 2025. Dans le même temps, la trésorerie a diminué de 9,85 à 4,06 milliards, en grande partie sous l’effet des acquisitions réalisées au premier semestre.
La croissance est donc robuste, mais elle repose aussi sur un engagement important de capitaux.
Mon avis : Thermo Fisher présente la publication la plus complète. Croissance organique, expansion de marge, progression du BPA et forte amélioration du free cash-flow évoluent simultanément dans la bonne direction. C’est exactement ce que l’on attend d’un compounder de cette qualité.
Medpace : la meilleure croissance organique de la sélection
Medpace continue d’afficher une performance impressionnante dans la recherche clinique externalisée.
Le chiffre d’affaires progresse de 17,2 % à 707,3 millions de dollars au deuxième trimestre. Sur le premier semestre, la croissance atteint 21,7 %, pour un chiffre d’affaires de 1,41 milliard
Cette progression ne provient pas d’une acquisition importante.
Medpace gagne des contrats, recrute des équipes et convertit progressivement son carnet de commandes en revenus.
Les nouvelles commandes nettes atteignent 795,7 millions de dollars, en hausse de 28,2 %.
Le ratio book-to-bill ressort à 1,13 fois, ce qui signifie que les nouvelles affaires signées restent supérieures au chiffre d’affaires reconnu au cours du trimestre.
Le carnet de commandes atteint 3,01 milliards de dollars, en hausse de 4,9 %. Sa progression est moins rapide que celle du chiffre d’affaires, mais la dynamique des nouvelles commandes reste favorable.
Le taux de conversion du carnet de commandes s’établit à 24,1 %, contre 21 % au deuxième trimestre 2025. Cette accélération explique une partie de la forte croissance actuelle.
L’EBITDA progresse de 17,6 % à 153,4 millions de dollars. La marge reste pratiquement stable à 21,7 %, contre 21,6 % un an auparavant.
La croissance du résultat net est encore plus forte. Il augmente de 34,5 % à 121,4 millions de dollars, tandis que la marge nette passe de 15 à 17,2 %. Le BPA dilué atteint 4,25 dollars, contre 3,10 dollars
Medpace conserve également une structure financière inhabituelle pour une société de services de cette taille. Le groupe détient 502,7 millions de dollars de trésorerie et ne présente pas de dette financière significative dans son bilan publié.
Cette position lui permet de racheter ses actions sans fragiliser immédiatement sa structure financière. Au deuxième trimestre, Medpace a racheté 705 616 actions pour 294,7 millions de dollars.
La politique de rachats a un impact réel sur le BPA.
Le nombre moyen dilué d’actions est passé de 29,1 à 28,6 millions en un an. Une partie de la croissance du bénéfice par action provient donc de cette diminution
La direction relève sa prévision annuelle. Le chiffre d’affaires 2026 est désormais attendu entre 2,805 et 2,885 milliards de dollars, soit une croissance comprise entre 10,9 et 14 %.
L’EBITDA annuel devrait atteindre entre 618 et 642 millions de dollars, tandis que le BPA est attendu entre 17,25 et 17,95 dollars.
Le principal risque concerne la volatilité du carnet de commandes.
Les clients de Medpace sont souvent des entreprises de biotechnologie dont les programmes peuvent être retardés, redimensionnés ou annulés.
Le ratio book-to-bill et le niveau des annulations doivent donc être suivis aussi attentivement que le chiffre d’affaires.
Mon avis : Medpace réalise la meilleure croissance opérationnelle de la sélection. Le groupe combine croissance organique à deux chiffres, marge élevée, bilan net cash et rachats d’actions importants. Le seul point à surveiller est la croissance plus modérée du carnet de commandes, qui devra accélérer pour prolonger cette dynamique au-delà de 2026.
C’est une très belle entité : pas de dette, de la croissance, et des rachats d’actions. Mais évidemment, une valorisation très élevée, à plus de 25x le P/OCF.
Une entreprise que je préfère à Thermo Fisher, mais qui se paie trop chère au regard de ma stratégie d’investissement.
Sartorius : la reprise est là, mais elle reste plus forte dans les consommables
La publication de Sartorius confirme le redressement progressif de la bioproduction.
La lecture des chiffres est rendue plus complexe par les effets de change et par les remboursements liés aux droits de douane américains.
La donnée la plus représentative de l’activité est donc la croissance opérationnelle, calculée à taux de change constants et avant compensation des surcharges tarifaires.
Sur cette base, les ventes du groupe progressent de 7,7 % au premier semestre
La division Bioprocess Solutions affiche une croissance opérationnelle de 8,3 %, tandis que Lab Products & Services progresse de 5,3 %.
La dynamique reste principalement portée par les consommables.
Leurs ventes augmentent d’un peu plus de 9 %, alors que les équipements progressent d’environ 2 %.
Cette différence est logique. Les consommables sont directement liés au niveau de production des médicaments biologiques. Leur redressement indique que les clients utilisent davantage leurs capacités existantes. Les équipements dépendent, eux, de nouvelles décisions d’investissement, plus lentes à revenir.
Le chiffre d’affaires publié du groupe atteint 1,81 milliard d’euros, contre 1,77 milliard un an auparavant. La progression publiée n’est donc que de 2,5 %, bien inférieure à la croissance opérationnelle en raison des effets de change et de la compensation des surcharges tarifaires.
La rentabilité s’améliore. L’EBITDA sous-jacent atteint 548 millions d’euros, en hausse de 3,9 %, tandis que la marge passe de 29,8 à 30,3 %
Dans Bioprocess Solutions, la marge progresse de 31,6 à 32,3 %. En revanche, elle recule de 22,3 à 21,2 % dans Lab Products & Services, où Sartorius continue d’investir dans plusieurs initiatives de croissance.
Le principal point positif est la génération de trésorerie.
Le cash-flow opérationnel augmente de 25,9 % à 364 millions d’euros. Le free cash-flow progresse de 70,4 %, passant de 122 à 208 millions d’euros.
Cette amélioration permet au groupe de poursuivre son désendettement.
Le ratio de dette nette sur EBITDA sous-jacent passe de 3,55 à 3,51 fois. La progression reste modeste, mais elle va dans la bonne direction.
La dette nette s’élève toutefois encore à 3,76 milliards d’euros. Sartorius n’a donc pas retrouvé la flexibilité financière dont il disposait avant sa période de fortes acquisitions et d’investissements.
La direction confirme son objectif annuel : une croissance des ventes comprise entre 5 et 9 % à taux de change constants, accompagnée d’une marge d’EBITDA sous-jacent légèrement supérieure à 30 %.
Bioprocess Solutions devrait croître de 6 à 10 %, avec une marge légèrement supérieure à 32 %. Lab Products & Services devrait progresser de 2 à 6 %, avec une marge légèrement inférieure à 21 %.
Mon avis : Sartorius a clairement dépassé la phase la plus difficile du déstockage. La reprise des consommables, l’amélioration de la marge et la hausse du free cash-flow sont de bons signaux. En revanche, la demande d’équipements et le niveau d’endettement ne permettent pas encore de parler d’un retour complet à la normale.
En aucun cas mes propos ne sont des conseils en investissement, mais je pense qu’il est important de faire ces rappels, de prendre de la hauteur et d’avoir une vue panoramique à chaque fois.
Danaher : la qualité d’exécution est intacte, mais la bioproduction reste irrégulière
Danaher publie des résultats supérieurs aux attentes, mais sa croissance reste moins homogène que celle de Thermo Fisher.
Le chiffre d’affaires progresse de 5,5 % à 6,27 milliards de dollars. La croissance organique atteint 3 %, ou 4,5 % hors tests respiratoires.
Cette distinction est importante. Les revenus liés aux tests respiratoires avaient bénéficié de bases de comparaison élevées et restent plus volatils que les autres activités de diagnostic
Le groupe indique que ses activités de sciences de la vie ont réalisé leur meilleur trimestre depuis plusieurs années. En revanche, certains décalages de projets ont pesé sur les revenus de la bioproduction.
Les commandes liées à la bioproduction ont néanmoins augmenté de plus de 10 %, ce qui suggère que le problème relève davantage du calendrier de reconnaissance du chiffre d’affaires que d’une dégradation structurelle de la demande.
Le résultat net atteint 870 millions de dollars, contre 555 millions un an auparavant. Cette progression de 57 % bénéficie toutefois d’une base de comparaison affectée par des éléments exceptionnels.
Le BPA ajusté augmente de 8 % à 1,94 dollar.
Le free cash-flow atteint 1,3 milliard de dollars, pour un cash-flow opérationnel de 1,5 milliard.
La conversion de trésorerie reste donc l’un des principaux atouts de Danaher. Le Danaher Business System continue de soutenir la productivité, la gestion du besoin en fonds de roulement et l’intégration des acquisitions.
Le groupe a par ailleurs finalisé plus tôt que prévu l’acquisition de Masimo. Cette opération élargit l’exposition de Danaher aux technologies de surveillance médicale, mais augmente aussi les besoins d’intégration et la dette du groupe.
La direction relève son objectif annuel de BPA ajusté. La nouvelle fourchette se situe entre 8,45 et 8,60 dollars, contre 8,35 à 8,55 dollars précédemment.
La croissance organique annuelle reste attendue entre 3 et 4 %. Danaher prévoit une sortie d’année sur un rythme proche du milieu de la plage à un chiffre.
Le principal sujet de vigilance reste la faiblesse relative de la croissance dans la bioproduction. Les commandes sont encourageantes, mais elles doivent maintenant se convertir en chiffre d’affaires.
Mon avis : Danaher montre une très bonne discipline opérationnelle, mais sa publication est légèrement moins convaincante que celle de Thermo Fisher. Les commandes de bioproduction sont solides, mais le chiffre d’affaires ne reflète pas encore pleinement cette amélioration. L’intégration de Masimo devient par ailleurs un nouveau test pour le Danaher Business System.
Eurofins : l’amélioration du cash-flow devient plus importante que la croissance
La publication d’Eurofins Scientific est intéressante, car elle montre un changement dans la nature de la création de valeur.
Pendant plusieurs années, Eurofins a fortement investi dans ses laboratoires, ses systèmes informatiques et son réseau immobilier. Ces investissements ont pesé sur le cash-flow et rendu la lecture des résultats plus complexe.
Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires progresse de 2,5 % à 3,70 milliards d’euros. La croissance organique atteint 2,7 %, dont 3 % au deuxième trimestre.
Cette croissance reste inférieure à l’objectif de long terme. Mais les marges et la génération de trésorerie progressent beaucoup plus rapidement.
L’EBITDA ajusté augmente de 8,3 % à 877 millions d’euros. La marge correspondante progresse de 130 points de base, passant de 22,4 à 23,7 %.
L’EBITDA publié augmente de 11,4 % à 862 millions d’euros, avec une marge de 23,3 %. Le BPA publié progresse de 29 % à 1,55 euro.
Le free cash-flow avant investissements dans les sites détenus augmente de 32,6 % à 469 millions d’euros. Après ces investissements immobiliers, le free cash-flow atteint 403 millions, en hausse de 46 %.
Cette amélioration provient de plusieurs facteurs : diminution des dépenses d’investissement, amélioration du besoin en fonds de roulement, hausse des marges et réduction des coûts liés aux activités encore en phase de développement.
Le ratio de conversion de trésorerie passe de 36 à 47 %.
Le levier financier reste stable à 2,2 fois l’EBITDA ajusté pro forma, malgré 206 millions d’euros consacrés aux rachats d’actions et 128 millions de dividendes versés.
La croissance organique reste toutefois très contrastée.
Les activités liées à l’alimentation et à l’environnement progressent de 4,8 %, tandis que les tests de produits de consommation et de technologie augmentent de 7,4 %
En revanche, l’activité BioPharma recule légèrement de 0,1 %.
Les tests de produits pharmaceutiques résistent, mais plusieurs activités annexes restent sous pression, notamment certains services CDMO, la génomique et les laboratoires centraux.
Eurofins estime que cette activité devrait s’améliorer au second semestre, mais la reprise n’est pas encore visible dans les chiffres du premier semestre.
Le groupe poursuit également la rationalisation de son portefeuille.
Il prévoit de céder MET Labs à UL Solutions pour une valeur d’entreprise de 575 millions d’euros. Cette activité devrait générer plus de 180 millions de chiffre d’affaires en 2026.
Dans le même temps, Eurofins a conclu un accord pour acquérir les activités nord-américaines de tests en sciences de la vie d’Element Materials Technology.
La cible représente plus de 150 millions de dollars de revenus annuels, 27 laboratoires et environ 750 collaborateurs. Le prix d’entreprise est fixé à 400 millions de dollars.
Cette opération est stratégiquement cohérente : Eurofins cède une activité moins centrale et réinvestit une partie des capitaux dans les tests pharmaceutiques, alimentaires et environnementaux.
Mon avis : Eurofins n’affiche pas encore une croissance organique impressionnante, mais la transformation du modèle devient visible dans le cash-flow. Le vrai changement n’est pas le chiffre d’affaires : c’est la capacité à convertir une part croissante de l’EBITDA en trésorerie disponible.
MedCap : un serial acquirer de niches médicales qui monte en puissance
MedCap est le plus petit groupe de cette sélection, mais sa publication est particulièrement solide.
Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre progresse de 16 % à 606,3 millions de couronnes suédoises. La croissance organique atteint 7 %, le solde provenant essentiellement des acquisitions.
L’EBITA augmente de 38 % à 129,5 millions de couronnes. Hors éléments affectant la comparabilité, l’EBITA ajusté progresse de 28 % à 124,5 millions.
La marge d’EBITA ajustée passe de 18,7 à 20,5 %. Cette expansion montre que la croissance ne provient pas uniquement de la consolidation des acquisitions.
Le bénéfice par action atteint 4,6 couronnes, contre 3,6 couronnes. Le cash-flow opérationnel progresse de 73,9 à 122,7 millions de couronnes.
Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires atteint 1,16 milliard de couronnes, en hausse de 15 %. L’EBITA ajusté progresse de 29 % et la marge atteint 20,1 %.
La croissance est répartie entre les trois divisions.
Assistive Tech bénéficie d’un mix favorable chez Abilia et de l’intégration de LivAssured.
MedTech profite d’une forte croissance organique, notamment dans les produits liés à la nutrition.
Enfin, Specialty Pharma bénéficie principalement de l’acquisition de XGX Pharma.
Le principal point faible se situe dans cette dernière division.
La croissance organique reste faible en raison d’une proportion importante de produits matures. MedCap cherche à compenser cette situation en développant de nouveaux produits et en acquérant des droits de commercialisation.
Le groupe a également acquis Biopsafe, une société danoise spécialisée dans certaines solutions de manipulation et de traitement des déchets biologiques. Cette opération crée une nouvelle niche au sein de MedTech.
La stratégie reste classique pour un serial acquirer : acheter des entreprises rentables de petite ou moyenne taille, conserver leur autonomie opérationnelle et utiliser les ressources du groupe pour accélérer leur développement.
Le principal avantage de MedCap est son bilan. La direction indique disposer d’un levier faible et d’une capacité suffisante pour poursuivre les acquisitions.
Le risque se situe davantage dans l’intégration opérationnelle et dans la qualité des futurs achats. À mesure que la taille du groupe augmente, MedCap devra trouver des cibles plus nombreuses ou plus importantes pour maintenir son rythme de croissance.
Mon avis : MedCap réalise une publication très équilibrée. La croissance organique atteint 7 %, la marge progresse et le cash-flow opérationnel augmente fortement. C’est exactement le type de combinaison que l’on recherche chez un serial acquirer.
Ce que ces résultats disent réellement du secteur
La reprise est plus avancée dans les consommables que dans les équipements
Les consommables de bioproduction de Sartorius progressent de plus de 9 %, tandis que les équipements n’augmentent que légèrement.
Cette différence est logique. Les laboratoires et les fabricants pharmaceutiques recommencent d’abord à utiliser leurs capacités existantes. Ils passent ensuite de nouvelles commandes d’équipements lorsqu’ils ont suffisamment de visibilité sur la demande.
Le redressement actuel peut donc être interprété comme la première phase d’un nouveau cycle. Les volumes repartent, mais les investissements lourds restent encore prudents.
La recherche clinique résiste mieux que certaines activités de laboratoire
Medpace affiche une croissance de 17,2 %, alors que l’activité BioPharma d’Eurofins reste stable.
Les deux entreprises ne sont pas directement comparables. Medpace est principalement exposée aux essais cliniques, tandis qu’Eurofins couvre une gamme beaucoup plus large de services : analyses, génomique, CDMO, bioanalyse et laboratoires centraux.
La divergence montre néanmoins que les budgets pharmaceutiques sont dirigés prioritairement vers les projets les plus proches d’une validation clinique ou d’une commercialisation.
Le cash-flow redevient central
Sartorius augmente son free cash-flow de 70 %. Eurofins le fait progresser de 46 %. Thermo Fisher génère 2,5 milliards de dollars de free cash-flow au premier semestre.
Après plusieurs années d’investissements élevés, les meilleures sociétés du secteur doivent maintenant démontrer leur capacité à convertir leurs bénéfices en trésorerie.
C’est particulièrement important pour les groupes qui ont réalisé de nombreuses acquisitions. Une croissance qui exige en permanence davantage de dette ou de capital est moins attractive qu’une croissance autofinancée.
Les acquisitions restent un moteur majeur
Thermo Fisher, Danaher, Eurofins et MedCap continuent d’utiliser les acquisitions pour renforcer leurs positions.
Mais toutes les acquisitions ne présentent pas le même profil.
MedCap acquiert de petites sociétés de niche et maintient leur autonomie. Eurofins cherche à compléter son réseau de laboratoires. Thermo Fisher acquiert des plateformes plus importantes. Danaher s’appuie sur son système opérationnel pour améliorer progressivement les entreprises achetées.
Dans chaque cas, la création de valeur dépend du même principe : le rendement futur de l’acquisition doit dépasser son coût de financement et son coût d’intégration.
Conclusion
Cette saison de résultats confirme que le secteur des sciences de la vie sort progressivement de sa phase de normalisation.
Le déstockage des clients n’est plus le sujet dominant. La demande en consommables repart, les nouvelles commandes augmentent et les marges commencent à bénéficier du retour des volumes.
La reprise reste cependant sélective.
Les entreprises les mieux positionnées sont celles qui combinent croissance organique, revenus récurrents, innovation, génération de trésorerie et discipline financière.
Sur ces critères, Thermo Fisher et Medpace ressortent comme les publications les plus fortes. Sartorius offre une exposition plus directe à la reprise de la bioproduction. Eurofins présente un profil d’amélioration du cash-flow. MedCap demeure un serial acquirer de niche à suivre attentivement.
Danaher reste probablement l’un des meilleurs modèles opérationnels du secteur, mais son prochain test sera double : convertir ses commandes de bioproduction en chiffre d’affaires et intégrer Masimo sans dégrader sa rentabilité financière.
Le nouveau cycle des sciences de la vie commence moins par une explosion des ventes que par une amélioration simultanée des commandes, des marges et du cash-flow. C’est précisément ce que plusieurs de ces publications commencent enfin à montrer.
Sources officielles
Danaher — Résultats du deuxième trimestre 2026
Thermo Fisher Scientific — Résultats du deuxième trimestre 2026
Sartorius — Présentation du premier semestre 2026
Eurofins Scientific — Présentation du premier semestre 2026
Medpace — Résultats du deuxième trimestre 2026
MedCap — Résultats du deuxième trimestre 2026
Les informations présentées proviennent des publications officielles des sociétés. Cet article constitue une analyse générale et non une recommandation personnalisée d’investissement.




















