🇪🇺 PEA 2026 : Tour d’horizon de ma watchlist européenne
25 actions passées au crible — entre valorisations excessives et pépites à surveiller
Bonne année 2026 !
Après avoir analysé mes serial acquirers nord-américains, il est temps de passer en revue ma watchlist européenne éligible au PEA. Une vingtaine de sociétés scrutées à la loupe pour identifier les opportunités… et surtout, pour savoir lesquelles éviter à ces niveaux de prix.
Car oui, le constat est sans appel : la majorité de ces belles européennes se payent encore trop cher. Mais quelques dossiers commencent à devenir intéressants après les corrections de 2025.
Alors, où placer ses billes en ce début d’année ? Analysons ensemble.
🎬 L’analyse complète en vidéo
Tu préfères le format vidéo ? J’ai passé en revue chaque dossier graphiquement, avec mes réflexions sur les points d’entrée et les valorisations. Une analyse complète pour faire le tour de ma watchlist PEA.
👉 Regarder l’analyse vidéo ici :
L’article ci-dessous reprend les points essentiels et ajoute des éléments d’actualité récents que je n’ai pas mentionnés dans la vidéo. Les deux formats se complètent parfaitement.
🇸🇪 Le contingent suédois : qualité exceptionnelle, mais attention à la couronne
Avant de plonger dans les dossiers suédois, un point crucial à garder en tête : la couronne suédoise (SEK) se déprécie structurellement face à l’euro. Ce n’est pas le franc suisse. Quand vous investissez dans ces sociétés, vous prenez un risque devise. Il faut donc que la performance opérationnelle compense cette érosion monétaire.
Bonne nouvelle toutefois : Nordea anticipe un renforcement progressif de la SEK vers 10.50 contre l’euro d’ici fin 2026. La devise serait sous-évaluée de 10 à 15% selon les analystes de SEB. Un potentiel de rebond existe donc.
🔵 Lifco (LIFCO) — Ma principale position PEA
Lifco reste pour moi LA référence des serial acquirers suédois sur la partie industrielle. Une machine à acquérir parfaitement huilée. Le CEO Per Waldemarson a d’ailleurs acheté pour plus de 5 millions SEK d’actions en novembre 2025. Quand le patron met la main à la poche, c’est généralement bon signe.
L’actualité récente confirme que la machine tourne à plein régime : acquisition de Karl Kaps en Allemagne (microscopes médicaux et dentaires), DB Orthodontics au Royaume-Uni, HEGUtechnik en Allemagne… Au total, 13 entreprises consolidées sur les 9 premiers mois de 2025, avec une croissance du chiffre d’affaires de 9% dont 4.3% en organique.
Le problème ? Ça se paye très cher. Je n’envisage de renforcer qu’à partir d’un retour sur la moyenne mobile exponentielle 50 périodes. Cela impliquerait une correction d’environ 20%. Patience.
🔵 Lagercrantz (LAGRb) — Le clone de Lifco sur la tech
Même profil que Lifco, mais avec une orientation plus technologique. La performance historique est même légèrement supérieure. L’acquisition récente de I Holland Limited (85% des parts) en novembre 2025 confirme la dynamique. Kepler Cheuvreux a d’ailleurs initié une couverture avec une recommandation à l’achat.
Même verdict que Lifco : trop cher pour rentrer maintenant. J’attends une grosse correction.
🔵 Addtech (ADDTb) — L’industriel qui ne dort jamais
Addtech enchaîne les acquisitions à un rythme effréné. Rien qu’en décembre 2025, le groupe a acquis BCK Holland et Kramer & Duyvis aux Pays-Bas (systèmes de convoyage), Cubro Acronet en Autriche, et Axion AG en Suisse (solutions véhicules). Une machine bien rodée.
Les trois sociétés (Lifco, Lagercrantz, Addtech) évoluent de manière très corrélée. Leurs cours de bourse suivent des trajectoires quasi identiques. C’est un point important : diversifier sur les trois n’apporte pas forcément une réduction du risque significative.
🟡 Momentum Group (MMGRb) — La petite qui monte
Une structure plus modeste sur la partie industrielle. Les chiffres sont bons, mais ça se paye 27 fois le Price/Free Cash Flow. Beaucoup trop cher pour moi. Je payerais maximum 20 fois ce type d’entité. J’attends.
🟡 Indutrade (INDT) — Attention aux futures acquisitions
Belle boîte qui commence à investir hors de Suède. C’est une évolution naturelle pour ces structures en quête de croissance. Mais attention : les acquisitions hors du terrain de jeu habituel comportent des risques d’intégration plus élevés. À surveiller.
🔴 Nibe Industrier (NIBEb) — Le cas le plus intéressant ?
Voilà un dossier qui mérite qu’on s’y attarde. Nibe, c’est le leader des pompes à chaleur premium. Une croissance historique exceptionnelle… suivie d’un effondrement de 74% depuis les plus hauts. Du jamais vu depuis 2008-2009.
Pourquoi cette chute ? L’immobilier souffre en Europe, et avec lui le marché de la rénovation énergétique. Les ventes de PAC ont ralenti. Mais l’actualité récente est plus encourageante : les ventes de pompes à chaleur en Allemagne ont repris de la vigueur fin 2025.
Aujourd’hui, on paye encore 26 fois le P/FCF. Trop cher selon moi. Et surtout, tant que le cours n’a pas formé une figure de retournement (une “tasse avec anse” serait idéale), je ne rentrerai pas. Ça peut stagner jusqu’en 2028. Le dossier est magnifique, mais le timing n’est pas encore là.
🟢 Vitec Software (VITb) — Ma conviction tech européenne
Vitec, c’est un peu le Constellation Software européen. Des logiciels verticaux avec des revenus récurrents (90% du CA en abonnements). Une visibilité exceptionnelle sur le free cash flow.
Le titre a subi une correction de 50% sur fond de craintes liées à l’IA. Même scénario que pour les VMS nord-américains. Mais je reste convaincu que ces boîtes sont capables d’intégrer l’IA pour améliorer leurs logiciels plutôt que de se faire disrupter.
L’actualité récente va dans ce sens : DNB Carnegie a doublement relevé sa recommandation, voyant justement l’IA comme un catalyseur pour Vitec. Le titre se paye désormais 12 fois le P/FCF avec une belle croissance. C’est l’un des rares dossiers de ma watchlist qui me semble valorisé de manière raisonnable.
J’en suis actionnaire. Attention toutefois à mettre un stop-loss car si la correction continue, ça peut descendre plus bas.
🇮🇹 Les pépites italiennes
🟢 Reply (REY) — Ma conviction cybersécurité
Reply est une sorte de mini-Capgemini italien, mais en mieux géré. Une boîte familiale, détenue principalement par l’actionnaire fondateur. Skin in the game maximum.
Ce qui me plaît dans ce dossier : le positionnement sur la cybersécurité et l’accompagnement IA des grandes entreprises (Ferrari est client). Personne n’en parle, mais je suis convaincu que les cyberattaques vont devenir un enjeu majeur pour les sociétés dans les années à venir.
Le titre a corrigé de 38%. J’aurais pu attendre un -50%, mais j’ai initié une petite ligne que je construirai progressivement. La valorisation est raisonnable, les marges sont bonnes (ROIC de 15%), et la croissance est au rendez-vous. La tendance reste baissière, donc je reste prudent sur la taille de ma position.
🟡 SESA (SES) — L’alternative à Reply
SESA a réussi à casser son oblique baissière, ce qui est techniquement positif. Le RSI est croissant. Mais je trouve les marges moins impressionnantes que chez Reply. J’ai préféré me positionner sur cette dernière.
🔵 SysDat (SYSD) — À suivre de très près
Une petite boîte italienne récente que j’ai repérée. Pour l’instant, je n’ai pas creusé le dossier car je n’aime pas investir sur des sociétés sans track record suffisant. J’attends qu’elle produise des résultats et nous donne de la matière à analyser.
🇫🇷 Les françaises : du lourd, mais pas donné
🟡 Dassault Systèmes (DAST) — Le géant du BIM en correction
Dassault a pris -57% depuis ses plus hauts. Une correction massive pour ce leader mondial de la modélisation 3D (SOLIDWORKS, CATIA, 3DEXPERIENCE). Le marché price une transition vers l’IA qui tarde à se concrétiser.
À 21 fois le P/FCF, ça reste un peu cher pour moi. J’aimerais rentrer en dessous de 20 fois. La tendance est toujours baissière. Patience.
Le partenariat récent avec Apple pour intégrer leurs solutions sur Vision Pro est intéressant. Dassault dispose d’un avantage compétitif énorme : leurs données. C’est ce qui devrait leur permettre de prendre le virage IA. Mais le marché veut des preuves.
🟡 Eurofins Scientific (EUFI) — Le laboratoire discret
Eurofins, c’est du cash machine dans le secteur de la santé. Pas sexy, pas à la mode… mais solide. Le titre a souffert après qu’un fonds ait shorté la valeur, puis avec le contrecoup post-Covid.
À 11 fois le P/FCF, c’est une valorisation raisonnable pour ce type de business défensif. J’en ai une petite ligne au fond de portefeuille. Une récente analyse souligne que c’est peut-être “l’un des dossiers les plus sous-estimés du marché”. Je suis d’accord.
🔴 LVMH — L’ETF luxe
Investir dans LVMH, c’est comme acheter un ETF luxe. Belle boîte, mais cyclique (textile, discrétionnaire). On a eu une belle opportunité quand le RSI tapait au plus bas. Aujourd’hui, les niveaux techniques ne m’intéressent pas.
Je pense qu’il y a de meilleures opportunités ailleurs sur du moyen-long terme.
🇳🇱 🇩🇰 🇩🇪 Les autres européennes
🔴 IMCD (IMCD) — Le carnage
IMCD, c’est le distributeur de produits chimiques de spécialité néerlandais. J’aimais bien ce dossier que je trouvais qualitatif. Mais j’ai coupé ma position car le titre souffre énormément avec très peu de croissance.
Je referme le dossier pour l’instant. J’y reviendrai quand les prochains résultats montreront des signes d’amélioration.
🟡 DSV (DSV) — Le futur numéro 1 mondial de la logistique
DSV vient d’obtenir l’approbation finale de la Commission européenne pour son acquisition de Schenker (14.3 milliards d’euros). Une fois finalisée, DSV deviendra le plus grand prestataire logistique mondial.
Le dossier est intéressant mais les niveaux actuels sont trop élevés. J’attends un retour sur la moyenne mobile 75 périodes pour considérer une entrée.
🔴 Nemetschek (NEKG) — BIM et modélisation
J’avais du Nemetschek que j’ai vendu près des plus hauts (un peu de chance, je l’avoue). Le titre a bien corrigé depuis. À 28 fois le P/FCF, c’est encore trop cher. J’aimerais rentrer aux alentours de 20 fois, soit vers les 70-75€.
Le drawdown actuel n’est que de -40%. Historiquement, on a déjà vu des -50% sur ce titre. Patience.
🔴 Chapters (CHG1) — Trop haut
Belle boîte allemande mais montée sur des niveaux excessifs. J’attends une correction significative.
🔴 Brockhaus Technologies (BKHTn) — Pas encore rentable
Très belle structure, mais ça ne gagne pas encore d’argent. Non merci pour l’instant. Le principe de la watchlist, c’est justement de suivre ce type de dossier prometteur sans se précipiter.
🇵🇱 L’outsider polonais
🟡 Sygnity (SGN) — L’entrée de Topicus au capital
Sygnity est une boîte polonaise de logiciels. Fait notable : Topicus (la spin-off européenne de Constellation Software) est entrée au capital. C’est un signal positif sur la qualité du management et du business.
Mais le titre a fait +2800% historiquement. Je ne rentre jamais sur ce genre de dossier après une telle performance. Le point d’entrée est crucial en bourse. Ceux qui sont rentrés en 2004-2005 ont mis près de 20 ans à revenir à l’équilibre. Ça calme.
J’attends une correction pour potentiellement me positionner.
📊 Récapitulatif : Ma watchlist PEA 2026
🟢 Les opportunités à considérer
Vitec Software (VITb) est mon dossier préféré actuellement avec une valorisation enfin raisonnable à 12 fois le P/FCF et une belle croissance récurrente. Reply (REY) offre également un point d’entrée intéressant pour jouer la thématique cybersécurité et IA avec une boîte familiale bien gérée. Eurofins Scientific (EUFI) reste une valeur défensive solide dans le secteur de la santé à un prix correct.
🟡 Les dossiers à surveiller de près
Nibe Industrier (NIBEb) présente le drawdown le plus impressionnant (-74%) mais nécessite un signal de retournement technique avant d’agir. Dassault Systèmes (DAST) devient intéressant mais reste légèrement cher, j’attends une valorisation en dessous de 20 fois le P/FCF. DSV pourrait devenir une opportunité après la finalisation de l’acquisition Schenker si le cours revient sur ses supports.
🔴 Les belles endormies… trop chères
L’essentiel du contingent suédois (Lifco, Lagercrantz, Addtech, Momentum Group, Atlas Copco, MedCap, Idun Industrier) affiche des valorisations excessives malgré la qualité indéniable de ces business. Il faudrait des corrections de 20 à 30% pour rendre ces dossiers attractifs. Même verdict pour Nemetschek, Chapters, LVMH et la plupart des valeurs de croissance européennes. La patience reste de mise.
💡 Le mot de la fin
Le constat est clair : la majorité des belles européennes reste surévaluée. 2025 n’a pas apporté les corrections nécessaires sur la plupart de ces dossiers, contrairement aux VMS nord-américains qui ont souffert de la peur de l’IA.
Ma stratégie reste inchangée : je préfère rater une hausse que d’acheter trop cher. Le point d’entrée est crucial. Sur du long terme, payer 27 fois le free cash flow au lieu de 17 fait une différence colossale sur la performance finale.
Les rares opportunités se trouvent aujourd’hui sur Vitec Software (enfin à un prix raisonnable), Reply (pour jouer la cybersécurité), et potentiellement Eurofins (valeur défensive). Pour le reste, la discipline impose d’attendre.
2026 nous réservera peut-être les corrections tant attendues. En attendant, je construis ma watchlist, j’analyse les fondamentaux, et je reste prêt à agir quand les valorisations le permettront.
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À très vite pour la prochaine analyse !
Disclaimer : Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les analyses présentées reflètent mon opinion personnelle et mes propres recherches. Faites toujours vos propres due diligences avant d’investir.

