Addtech, Lagercrantz, AddLife et Momentum : le test des acquisitions
Ces quatre serial acquirers améliorent leurs résultats, mais leurs publications montrent que les marges, la croissance organique et le cash-flow ne progressent pas toujours au même rythme.
Le chiffre d’affaires d’un serial acquirer peut augmenter rapidement. Il suffit, en théorie, de réaliser suffisamment d’acquisitions.
La véritable difficulté commence ensuite : il faut préserver la qualité du portefeuille, maintenir les marges, convertir le résultat en trésorerie et obtenir un rendement satisfaisant sur le capital investi.
Addtech, Lagercrantz, AddLife et Momentum Group abordent cette équation depuis des positions différentes.
Addtech atteint une marge record malgré l’absence de croissance organique. Lagercrantz continue de croître rapidement, mais subit une légère contraction de sa rentabilité.
AddLife poursuit son redressement et Momentum Group transforme mieux sa progression du résultat en cash-flow.
Ces quatre publications permettent de mesurer la différence entre acheter de la croissance et créer durablement de la valeur par les acquisitions.
Addtech fait progresser son résultat sans croissance organique
Addtech délivre une forte progression du résultat malgré une croissance organique pratiquement nulle.
Les ventes augmentent de 6 %, à 6,172 milliards de couronnes suédoises, essentiellement grâce aux acquisitions. L’EBITA progresse de 11 %, à 1,026 milliard, et la marge atteint un niveau record de 16,6 %, contre 15,8 % un an auparavant.
Le bénéfice par action progresse de 15 %, à 2,30 couronnes, tandis que le cash-flow opérationnel atteint 605 millions, contre 477 millions.
Addtech porte sa marge d’EBITA à un niveau record de 16,6 %.
Le cash-flow opérationnel progresse à 605 millions de couronnes suédoises. Source : Addtech.
Cette publication démontre la capacité du groupe à utiliser son pricing, son mix produit et sa discipline de coûts pour composer le résultat lorsque les marchés sous-jacents stagnent.
La performance n’est cependant pas homogène. Les activités d’automatisation, d’électrification et de sécurité enregistrent une amélioration marquée, tandis que d’autres divisions restent exposées à des marchés plus hésitants.
Les activités Automation, Electrification et Safety enregistrent les meilleures progressions du trimestre, tandis que plusieurs marchés industriels restent plus hésitants. Source : Addtech.
Le cash-flow opérationnel bénéficie de l’amélioration des marges et de la nature peu capitalistique d’une grande partie du portefeuille. Le ratio de résultat sur besoin en fonds de roulement atteint 81 %, contre 77 % un an auparavant.
Le cash-flow opérationnel d’Addtech atteint 605 millions de couronnes, contre 477 millions un an plus tôt. Source : Addtech.
L’absence de croissance organique constitue le principal point de vigilance. Addtech démontre qu’il peut améliorer le résultat dans un environnement peu porteur, mais cette mécanique ne peut pas reposer indéfiniment sur le mix, le pricing et les acquisitions
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Lagercrantz reste très solide malgré une légère érosion de la marge
Lagercrantz Group publie un trimestre robuste, même si la réaction boursière a été pénalisée par une légère contraction de la marge.
Le chiffre d’affaires augmente de 18 %, à 2,907 milliards de couronnes suédoises. L’EBITA progresse de 15 %, à 498 millions, tandis que la marge recule de 17,5 % à 17,1 %.
Le bénéfice après impôts gagne 20 %, à 315 millions de couronnes. Les acquisitions expliquent une part importante de la croissance, alors que l’inflation des matières premières et des coûts de transport pèse légèrement sur la rentabilité.
Le chiffre d’affaires de Lagercrantz progresse de 18 % et l’EBITA de 15 %. La marge reste élevée à 17,1 %, malgré une contraction de 40 points de base.
Source : Lagercrantz.
La baisse de marge ne doit pas être dramatisée. Une rentabilité de 17,1 % reste très élevée pour un groupe industriel diversifié. Elle rappelle néanmoins qu’une croissance largement alimentée par les acquisitions peut provoquer une dilution temporaire du mix de marge, surtout lorsque les coûts des matières premières et du fret augmentent.
AddLife poursuit le redressement de ses marges
AddLife maintient une trajectoire d’amélioration.
Le chiffre d’affaires augmente de 6 %, à 2,721 milliards de couronnes suédoises, avec environ 4 % de croissance organique et 3 % provenant des acquisitions, partiellement compensés par les effets de change.
L’EBITA progresse de 11 %, à 342 millions de couronnes, et la marge passe de 11,9 % à 12,6 %. Le bénéfice après impôts augmente d’environ 30 %, à 130 millions.
L’EBITA d’AddLife progresse de 11 % et la marge passe de 11,9 % à 12,6 %. Source : AddLife.
La progression du résultat, plus rapide que celle du chiffre d’affaires, valide les mesures d’amélioration opérationnelle engagées dans les activités médicales et de sciences de la vie.
AddLife reste cependant moins rentable qu’Addtech, Lagercrantz ou Indutrade. L’enjeu consiste donc à poursuivre l’amélioration des marges sans sacrifier la croissance organique ni fragiliser le bilan.
Momentum Group améliore nettement sa rentabilité
Momentum Group affiche une progression convaincante de ses résultats.
L’EBITA augmente de 23 %, à 130 millions de couronnes suédoises, et la marge atteint 12,8 %. Le cash-flow opérationnel progresse à 108 millions, contre 60 millions un an auparavant.
La performance provient à la fois des acquisitions et de l’amélioration des marges dans plusieurs filiales. Le ratio de résultat sur besoin en fonds de roulement reste élevé, à environ 59 % sur douze mois.
L’EBITA de Momentum Group progresse de 23 %, tandis que le cash-flow opérationnel atteint 108 millions de couronnes. Source : Momentum Group.
Cette efficacité du besoin en fonds de roulement constitue une caractéristique importante du modèle. Elle permet au groupe de convertir une part élevée de son résultat en trésorerie et de réallouer plus rapidement le capital vers de nouvelles acquisitions.
Conclusion
Addtech démontre une nouvelle fois la qualité de son exécution. Porter la marge d’EBITA à un niveau record de 16,6 % sans croissance organique témoigne d’une forte discipline sur les prix, le mix produit et les coûts. Cette mécanique ne pourra toutefois pas remplacer indéfiniment la croissance des activités historiques.
Lagercrantz reste très solide. La progression de 18 % du chiffre d’affaires et de 15 % de l’EBITA confirme la dynamique du groupe. Le recul de la marge de 17,5 % à 17,1 % mérite d’être surveillé, mais ne remet pas en cause la qualité générale du modèle.
AddLife poursuit son redressement, avec une marge passée de 11,9 % à 12,6 %. Le groupe reste moins rentable qu’Addtech ou Lagercrantz, mais la progression du résultat plus rapide que celle des ventes va dans la bonne direction.
Momentum Group mérite également sa place parmi les publications solides. L’EBITA augmente de 23 % et le cash-flow opérationnel passe de 60 à 108 millions de couronnes suédoises. Cette amélioration de la conversion en trésorerie renforce directement sa capacité à financer de nouvelles acquisitions.
Le trimestre ne désigne donc pas un vainqueur unique. Il montre plutôt quatre situations complémentaires : Addtech optimise, Lagercrantz consolide, AddLife se redresse et Momentum convertit davantage de résultat en cash.








